Ou c’est ce papier peint qui disparaît, ou c’est moi

En accompagnement: un bon vieux sketch des Monty Python Flying Circus

Les éphémérides de la semaine nous rappellent un autre personnage que j’aimerais suivre sur Twitter: Oscar Wilde Il avait apparemment tendance à s’approprier les bons mots des autres, il était anti RT@.

Né en Irlande en 1854, Wilde a osé s’afficher en public avec ses amants à une époque l’homosexualité était un mot imprononçable (The love who dare not speak it’s name).
Il fut condamné le 25 mai 1895 à deux ans de travaux forcés et ne se remit jamais complètement de ce séjour en prison. Je ne vous en parle pas davantage, il faut le lire. Voici quelques-unes de mes citations favorites.

Seuls les idiots sont brillants au petit déjeuner.
(je suis particulièrement peu bavarde le matin!)
Je peux résister à tout, sauf à la tentation. (et le chocolat…)
Les femmes sont faites pour être aimées, non pour être comprises. (c’t’ivident!)
Aimer c’est se surpasser.
(y compris se surpasser en « petites » gaffes monumentales)
L’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs.
(et certains n’apprennent rien par behaviorisme)
La vérité n’est rarement pure et jamais simple.
(Genre: « je vis avec une fille, on couche ensemble parfois mais c’est juste une amie »…RE: euh ok et moi je suis une meilleure amie?)
La beauté est dans les yeux de celui qui regarde.
(et dans mes oreilles : L’art de caller la femelle)
Rien n’est plus dangereux que d’être trop moderne ; on risque de devenir soudain ultra démodé.
(Même les sandales romaines sont revenues à la mode! )
Ou c’est ce papier peint qui disparaît, ou c’est moi
(je vous mets au défi de trouver une phrase « tweetable » à votre mort)

Voici aussi un extrait d’une lettre écrite de prison à son jeune amant, Lord Alfred Douglas « Après la terrible sentence, quand j’étais en tenue de forçat et que les portes de la prison se sont refermées, je me suis assis parmi les ruines de ma merveilleuse vie, écrasé par l’angoisse, décontenancé par la terreur, étourdi par la douleur. Et pourtant, je ne te haïssais pas. Chaque jour, je me disais ‘Je dois garder l’Amour dans mon cœur aujourd’hui, sinon comment survivrais-je toute la journée?».

Quelques événements de la semaine du 23 mai

  • 23 mai: Henrich Himmel se suicide (1945)
  • 24 mai: Pierre Minuit achète l’île de Manatthan aux Amérindiens Manhattes, en échange ‘guguss » équivalent à 60 florins (1626)
  • 25 mai: Condamnation d’Oscar Wilde (1895)
  • 26 mai: Mort de Saint-Augustin (604)
  • 27 mai: Naissance de Dante (1332) et Wild Bill Hickock (1837) (une certaine ressemblance cosmique) – Décès de Maurice « Rocket » Richard (2000)
  • 28 mai: Révolte paysanne de Jacques Bonhomme (1350) : la revanche de la noblesse tua plus de 20 000 paysans.
  • 29 mai: Le Congrès général américain invite les habitants du Canada de se joindre à la révolution américaine (1775)
  • La misère des reines riches et célèbres

    Pour admirer Aliénor d’Aquitaine dans toute sa splendeur, il faut revoir Katharine Hepburn dans The Lion in Winter (1968). Le grand Peter O’tool y tient le rôle d’Henri II et Anthony Hopkins, joue Richard Coeur de Lion.

    Aliénor : «How dear of you to let me out of jail!»
    Henri II: «It’s only for the holidays»

    Une reine enfermée quinze ans et une autre décapitée, ce fut une dure semaine pour les belles au sang bleu.

    Ne serait-ce que pour admirer les décors et les costumes, je suis allée voir Robin des Bois de Ridley Scott la semaine dernière. On y retrouve plusieurs personnages historiques dont les rois Richard Coeur de Lion, Jean sans terre et leur mère, Aliénor d’Aquitaine jouée par Eileen Atkins.

    Aliénor d’Aquitaine fut une reine fascinante qui régna à la fois sur la France en mariant Louis VII et sur l’Angleterre suite à son deuxième mariage avec Henri de Plantagenêt (qui deviendra Henri II). Plutôt impensable pour l’époque, Aliénor menaça le roi de France de demander l’annulation de leur mariage parce qu’il la soupçonnait de le tromper avec son oncle. Certains chroniqueurs de l’époque, ne manquèrent pas de traiter la reine de putain, voire de nymphomane, mais son infidélité n’a jamais été prouvée.
    Ah! la belle époque de l’amour courtois et des troubadours!

    Son deuxième mariage avec Henri II, qui avait onze ans de moins qu’elle, fut plus heureux, du moins, pendant les premières années. La reine donne naissance à huit enfants dont le bien-aimé Richard Coeur de Lion et le « bien-détesté » Jean sans Terre. Suite à un complot avec ses fils contre son propre mari, Aliénor fut enfermée pendant quinze ans et ne ressortit définitivement qu’à la mort du roi. Elle garda une certaine influence politique sous les règnes de ses fils, Richard et Jean.

    Aliénor d'Aquitaine
    Aliénor d'Aquitaine

    Quelques événements de la semaine:

  • 16 mai: Mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette (1770)
  • 17 mai: Mort de Botticelli (1510) et du Prince de Talleyrand (1838)
  • 18 mai: Aliénor d’Aquitaine marie le futur Henri II (1152) et Proclamation de l’Empire en France (1804)
  • 19 mai: Ann Boleyn est décapitée (1536)
  • 20 mai: 30e anniversaire du référendum pour la souveraineté (1980) et mort de Christophe Colomb (1506)
  • 21 mai: Lindbergh réalise la première traversée de l’Atlantique en solo (1927)
  • 22 mai: Mort de l’Empereur Constantin (337) et de Victor Hugo 1885
  • J’ai croisé le Vert galant au café de la mairie

    À lire en écoutant l’hyme Vive le Roy Henri

    « Ce diable à quatre a le triple talent
    De boire et de battre et d’être un vers galant »

    Adaptation moderne: il a le triple talent de boire, de « scorer » au hockey et avec les filles.

    Vous savez maintenant que je perds parfois un peu le sens de la réalité. La plupart des historiens ont des personnages fétiches décomposés depuis très longtemps. En recherchant les éphémérides de la semaine, j’ai été secouée par un événement tragique : mon bon roi Henri IV a été assassiné le 14 mai 1610 au coin de la Ferronerie et Saint-Honoré, si près de mon ancienne demeure sur la rue de la Verrerie.

    Petit rappel historique bâclé: Le roi Henri de Navarre a mis fin au bain de sang des guerres de religion. Afin d’être accepté comme roi de France, il a abjuré sa foi protestante et prononcé la célèbre phrase: «Paris vaut bien une messe». Henri IV était remarquable à plusieurs points de vues mais on aime se rappeler ses nombreuses conquêtes féminines, d’où son surnom de Vers galant. (D’ailleurs, ne manquez pas de flâner au square du vers galant…L’endroit est magique pour regarder le soleil se lever en buvant un dernier verre. Dieu ce que Paris me manque au printemps!) On ne doute point de la vaillance du séducteur en consultant la liste de ses maîtresses en comparaison avec les autres rois.

    Henri IV avait déjà échappé à deux tentatives d’assassinat et, selon la légende, son astrologue et sa femme, Marie de Medicis, l’avaient tous deux averti d’un mauvais présage. Au diable les superstitieux, le roi est sorti rendre visite à un ami malade et fut poignardé à deux reprises par François Ravaillac en pleine rue.

    Gravure de l'assassinat de Henri IV
    L'assassinat de Henri IV

    Il arrive parfois que certains acteurs qui ont brillamment interprété un personnage historique en gardent une certaine aura. Ainsi à mes yeux, Daniel Auteuil traîne Henri IV depuis le film la Reine Margot. ((en image avec Isabelle Adjani)

    Par un bon samedi matin, j’étais arrivée à l’avance pour le mariage d’une amie et je me suis arrêtée dans un café, pas n’importe lequel, le café de la mairie du 6e arrondissement. Me voilà donc en habit du dimanche à siroter un café au lait lorsque le roi fait son entrée: nouvelles du royaume entre les mains et chaussures de course aux pieds. Il me jette un regard majestueux au passage (une fille habillée en robe de bal avant le déjeuner, ça se remarque tout de même). Je sais bien qu’il faut baisser les yeux devant le roi mais d’où je suis assise, soit je fixe ma tasse de café ou le grand miroir en face de moi d’où il attrape immédiatement mon regard. N’ayant rien à lire sous la main, j’ai pensé me lever et lui dire de mon pittoresque accent colonial: « Aye Scuze Daniel, tu peux-tu me passer un boutte de ton journal, genre l’horoscope? » Respect à Monsieur Auteuil qui a une odeur de royauté. Remarquez qu’il jouait aussi très bien le Marquis de Sade.

    D’autres événements pour la semaine du 9 mai

  • 9 mai : Naissance de la dernière impératrice des Habsburg (1892) : Zita Maria, Grazia Adelgonda Michela Raffaella Gabriella Giuseppina Antonia Luisa Agnese (sérieux, c’était son nom de baptême)
  • 10 – Mort de Louis XV (1774), Churchill devient premier ministre (1940) et les Nazis commencent à envahir l’Europe de l’Ouest
  • 11 – Le Canadien remporte la coupe Stanley en 1968
  • 12- L’Union soviétique lève le Blocus de Berlin (1949) et en 1965, la sonde spatiale soviétique Luna 5 s’écrase sur la lune.
  • 13- Début de la Terreur en France (1793) et les États-unis déclarent la guerre au Mexique (1846)
  • 14- Meurtre de Henri IV (1610)
  • 15- La reine Anne Boleyn et son frère sont déclarés coupables d’adultère et d’inceste (1536)
  • Le meilleur des pires moments de Miss Magoo

    Pour l’accompagnement musical, je vous ressors un classique de mon enfance qui me passe encore souvent en éclair dans la tête : la chanson thème de Benny Hill

    Plus jeune, j’imaginais qu’à la trentaine, je serais une Madame « bien comme il le faut » avec des bas de nylon et une belle mise en plis. C’est peine perdue. Dès ma sortie de l’université, je suis tombée dans le Web, où l’on devait porter fièrement nos jeans et chaussures de courses. Les mises en plis ne tiennent jamais bien longtemps : mes cheveux sont presque aussi fous que moi et j’ai semé une quantité phénoménale de « bobby pins » dans le monde entier. Mais le plus honteux, c’est que je fais autant de «petites» gaffes monumentales* qu’à mes 15 ans! Voici donc, en grande primeur, quelques étourderies d’une digne héritière de Mister Magoo.
    * (adaptation libre du Perronisme: Ce sont de petites erreurs monumentales)

    La machine à marde (littéralement)
    À Annecy, en France, je louais un appartement équipé d’un broyeur de merde, une petite machine qui réduisait tout en bouilli au déclenchement de la chaîne d’eau. Je ne suis jamais bien réveillée le matin, et plus particulièrement deux jours par mois… Inévitablement, un de ces matins, j’ai jeté un tampon dans la toilette. La broyeuse de merde s’est mise à faire du bruit et s’est arrêtée, vaincue par le petit bout de coton. La propriétaire m’avait pourtant bien avertie, avec un air menaçant, de ne jamais, jamais, jamais, jeter autre chose que du papier de toilettes. Craignant ses représailles, j’ai tenté de rédémarrer la machine…bon vous doutez de la suite, n’est-ce pas? Bien entendu! La marde s’est mise à gicler partout. Après ses heures de plaisir, j’ai aussi dû essuyer un autre « char de marde » de la Madame la propriétaire…une grosse facture pour un si petit tampon!

    Je déteste sortir les poubelles
    La veille d’un gros examen à l’université, j’ai perdu pied dans l’escalier extérieur en descendant les poubelles. Les deux sacs se sont pris dans les barreaux et je me suis retrouvée crucifiée, incapable de bouger pendant quelques minutes. Outre quelques marches imprimées dans le dos, je m’étais tellement bien tapée le petit nerf sensible du coude, que je ne croyais plus jamais réussir à le déplier. J’ai préparé mon examen dans la salle d’attente de la clinique médicale.

    Je ne lis jamais les instructions
    En France, j’ai voulu faire griller un croissant dans un nouveau petit four grille pain mais j’avais oublié d’enlever le guide d’instruction collé sous la plaque du bas. J’ai réussi à maîtriser le feu assez rapidement et j’ai sérieusement pensé envoyer les restes des instructions calcinée à la compagnie de fabrication… Quelle mauvaise idée de coller des papiers sous la plaque d’un four! Aux États-Unis, on aurait mis un avertissement : Caution : Don’t forget to remove the papers in the oven before you turn it on ». En fait, les Américains sont imbattables pour prévoir les actions des cruches : les instructions de mon nouvel aspirateur comportent une grosse mise en garde de ne pas essayer d’aspirer mon animal domestique. Édifiant!

    Mon chat fait Wouf!
    Encore pendant mes années d’université, mon chat, Joséphine, est montée sur la table pendant que je cuisinais, le dos tourné. Pas très futée, elle s’est collée sur une chandelle et j’ai entendu un « Wouf » (bruit authentique d’un chat qui prend en feu) Elle ne s’est pas fait mal puisque le feu s’est éteint très vite mais elle puait le petit cochon grillé. Voilà au moins un chat qui ne montera plus sur la table!

    Je personnalise mes voitures à la sortie du garage
    À 20 ans, je venais d’acheter une petite auto usagée dans un garage de Mont-Laurier. En voulant le sortir du garage, j’ai accroché le miroir devant tous les garagistes qui se sont héroïquement retenus de rire en ma présence. Oh la honte!

    Mais le pire, c’est que j’ai récidivé quelques années plus tard. Terrorisée à l’idée de conduire à Paris, je devais tout de même sortir ma nouvelle Renaud Clio usagée du garage avant de déménager dans les Alpes. À deux rues du garage, j’essayais de me faufiler dans un bouchon parisien et il semble que je ne maîtrisais pas encore le concept de la priorité à droite, parce que je me suis tout de même fait rentrer dedans sur le côté gauche. Petit cadeau de bienvenue dans le trafic parisien! Je ne pleure jamais sur les carrosseries de mes voitures, mais j’aurais bien évité la Parisienne en furie qui m’a fait une scène parce que j’étais dans SA voie (dans les faits, ils arrivent à faire 4 voies avec 2 à ce coin de rue, alors la notion de voie est fort discutable). J’étais subitement plongée dans une séquence d’une mauvaise comédie française : l’engueulade matinale sur le bord de l’intersection bouchonnée.

    Bon, je m’arrête ici pour aujourd’hui ! Il faudra quelques billets supplémentaires pour la compilation d’autres gaffes notoires. Un de ces jours, vous découvrirez aussi « Calamity Mary » au South Dakota.

    L’art de « caller » la femelle

    Pour la musique, je ne vous sers pas du Barry White, mais des poèmes de Leonard Cohen. Commencez avec The hypnotist et pour faire durer le plaisir, enchaînez avec A thousand kisses deep.

    La semaine dernière, j’avais promis de poursuivre mes recherches sur les hormones affriolantes en me penchant sur le rôle de la voix sur la séduction. 
Vous êtes-vous déjà demandés pourquoi certaines voix nous charment et d’autres nous font fuir? Pourquoi les accents latins sont si…comment dire….grrrrrrrrr?

    Les scientifiques ont fait quelques progrès pour déchiffrer nos sons de mammifères. Ils ont découvert, entre autres, que les voix féminines seraient plus sexy en période d’ovulation. Un piège sonore subtil afin que ces messieurs n’y entendent que du feu.

    D’autres études affirment que les gens possédant une voix attrayante seraient souvent physiquement séduisants. Toutefois, le bon sens vous dictera de ne jamais vous laisser séduire au téléphone car la voix peut-être extrêmement trompeuse. Vous pouvez, par exemple, entendre Antonio Banderas, et vous retrouver avec un chat botté. 


    En fait, je doute fort de toute étude auditive réalisée aux États-Unis où mon oreille sensible a souffert le martyre. Outre le fait qu’ils parlent tous plus fort que leur voisin et n’écoutent personne, l’insupportable ton nasillard féminin est une véritable arme de torture auditive de la Défense américaine. Il m’est parfois venu à l’esprit de me pointer à une table de « filles hurlantes au nez bouchés » pour leur dire:

    Aye les filles, je peux vous montrer gratuitement comment « pogner » comme une Française. Leçon numéro 1: Gardez vos décibels au plafond pour la chambre à coucher. À moins que vous tentiez de battre l’inoubliable séquence de « When Harry met Sally » et devenir une vedette instantanée de Youtube?

    C’est peut-être une autre preuve scientifique que le cerveau masculin se concentre plus sur le visuel que tout autre information sensorielle. Chose certaine, mon cerveau est certifié 100% féminin puisqu’il m’est impossible de faire abstraction de la voix. (Pour en savoir plus voir: Les secrets du cerveau féminin et The Male brain: more complex than you think)

    Mais rassurez-vous messieurs, vous n’avez pas à devenir un Barry White latino pour séduire les dames. Je me souviens encore du tremblement dans la voix d’un vieil amour lorsqu’il m’a courageusement abordé pour la première fois. La science ne pourra jamais déchiffrer notre attachement à une voix, il y a trop de variables: les intonations, les finales de phrases, le rire, les hésitations, l’accent (québécois ou autre pour ceux qui osent douter de mon patriotisme).

    Pour en finir avec les hormones, voici deux articles stupéfiants parus la semaine dernière. Le premier annonce le décodage des émotions dans la voix par un ordinateur. J’imagine tout de suite la la conversation avec le système automatique de Bell.

    – Je suis désolé, je n’ai pas compris votre requête
    – Service clientèle
    – Je suis désolé, je n’ai pas compris votre requête
    – S E R V I C E C L I E N T E L E
    – Je suis désolé, je n’ai pas compris votre requête
    – Un humain SVP?
    – Je suis désolé, je n’ai pas compris votre requête
    – TABARNAK DE MACHINE À MARDE
    – Je sens de la colère dans votre voix. Est-ce exact? Si oui, sélectionnez le 1, si non demeurez en ligne.

    Le deuxième article est consacré à une étude qui stipule que cinq minutes seul avec une jolie fille augmente le taux de cortisol, l’hormone du stress. Attention aux gros mots du titre : les belles filles sont DANGEREUSES pour vous messieurs!

    J’ai un cas clinique à leur soumettre: Hugh Heftner. Le propriétaire de Playboy est encore bien portant à 84 ans. Est-ce parce qu’il est rarement avec une seule jolie fille mais plutôt avec plusieurs? Ils ont essayé de mettre un homme seul avec trois pitounes? Ouais ben, cette étude qui a fait le tour du Web n’aide vraiment pas la cause des Québécoises pas trop moches qui s’évertuent à entendre l’imperceptible « call » du mâle.

    I heard of a man who says words so beautifully that if he only speaks their names, women gives themselves to him (Cohen)

    Adieu à des hommes éternels

    En accompagnement : la chanson 42 de Coldplay.

    Dimanche soir, ma mère m’a demandé pourquoi je n’avais pas publié d’éphémérides ce week-end. C’est que j’essaie d’être de mon temps en « tweetant instantanément » les vieilles histoires. Mais maman a raison : ma paresse en 140 caractères ne devrait pas priver mes lecteurs de l’immense bonheur des éphémérides hebdomadaires. Voici donc, à la demande générale, la revue de la semaine dernière.

  • 2 mai – Léonard de Vinci s’éteint à Amboise, en 1519
    Vous aimeriez entendre ce cher Léo vous dire quelques mots? Voici une reconstruction de sa voix par ordinateur (il y en a qui n’ont vraiment rien à faire) Vous pouvez aussi entendre la belle Mona Lisa
    Fait intéressant sur l’enterrement de ce génie végétarien : il avait demandé un cortège de 60 mendiants. Je me demande si on arriverait à dénicher autant de « squeegees » pour laver les vitres des voitures de mon cortège?
  • 3 mai : Naissance de Nicolas Machiavel en 1469. La preuve que les politiciens québécois ne connaissent pas leurs classiques: ils mentent trop mal.
  • 4 mai : Sherlock Holmes disparait mystérieusement en 1891 pour réapparaitre, trois ans plus tard. Tout le monde le croyait mort. Élémentaire! Il s’est éclaté à mort pendant trois ans.
  • 5 mai : Mort de Napoléon à St-Hélène en 1821. Son dernier mot? Vous l’aurez deviné: « Joséphine ».
  • 6 mai : Naissance de Maximilien Robespierre (1758) et de Sigmund Freud (1856)
    Si vous êtes nés un 6 mai, j’espère que vous avez un bon psy.
  • 7 mai : Le U-boat allemand coule le navire britannique Lusitania en 1915, tuant 1198 passagers.
  • 8 mai : Hécatombe de grands hommes: le chimiste Lavoisier est guillotiné (1794), le philosophe John Stuart Mill (1873), l’écrivain Gustave Flaubert (1880) et le peintre Paul Gauguin ont également rendu l’âme.
  • Voilà pour les éphémérides « express » du dimanche soir. Nous pleurons des éternels…
    «Those who are dead are not dead, they are just living in my head» (Coldplay)

    Péter la balloune des forces réactionnaires

    À lire en écoutant : I’m afraid of Americans de David Bowie.

    Alors que l’Arizona a adopté une loi sur l’immigration obligeant les citoyens à montrer leurs papiers, je vous devais cet épisode Western à deux roues rappelant mon arrestation sur Rachel, il y a quelques semaines.

    San Francisco, un vendredi soir, aux alentours de minuit. Nous sortions d’une réunion entre camarades au quartier général, le Café Révolution. «Liberté, égalité et euh.. on se commande un autre pichet de sangria?»

    Nous chevauchions paisiblement nos vaillantes montures sur Valencia (ce qui serait l’équivalent de Saint Laurent, un vendredi soir) lorsque je dis à mon comparse allemand une phrase regrettable. J’ose à peine prononcer ces funestes paroles à nouveau…J’ai dit: «On a de la chance qu’ils ne fassent pas souffler les cyclistes dans des ballounes!»

    Trente secondes plus tard, nous entendîmes des sirènes hurler et une voiture de police se planta sur notre chemin. Il faut savoir que ce festif quartier latino remporte la palme de la plus grande concentration de crimes de la Bay area, et ce, devant Oakland qui traîne une fâcheuse réputation depuis les Black Panthers

    Non je n’y crois pas! Il doit y avoir vingt dealers au centimètre carré mais ils bloquent Valencia, un vendredi soir, pour deux gueux à vélo!

    Comble de malheur, l’un des agents qui s’éjecte de la voiture est une femme avec un regard de bouledogue enragé. Oh non….Pas une femme policière! On est cuit! Elle va appliquer le règlement comme une Nazie.

    -Vous savez pourquoi on vous arrête?
    Je mes sens comme une enfant de 6 ans qui doit trouver sa faute. Attendez que je réfléchisse… Un traite s’est infiltré au Café Révolution et vous a rapporté nos complots contre la droite religieuse?
    – Vous avez brulé une lumière rouge au coin de la 22e. Vous saviez que vous êtes sur le même code de la route que les automobiles?
    – Yes Sir, euh M’dam, Miss?? (je me demande si ça inclue aussi les chaises roulantes…)

    Malgré mes efforts titanesques pour ne pas éclater de rire, je suis détestablement trop joyeuse. En plus, alors que les agents examinent nos papiers, mon ami allemand sort son français d’urgence :«Che pensssse que nous être dans le…merdzzze!»

    Les agents repartent avec nos papiers, nous laissant au milieu de la piste comme deux pauvres diables exposés sur la place publique. Les passants amusés semblent tous se dire: Qu’est-ce qu’ils ont fait ces deux cons?

    Une éternité plus tard, le collègue docile de la bouledogue sort de la voiture et se dirige vers le coffre.

    Petit moment de panique commandité par une orgie de films d’action américains :
    Ça y est il va sortir la balloune! Je vais passer le reste de ma vie torturée dans une prison américaine puis, ils vont me transférer dans un état barbare qui exécute les vieilles sorcières rousses.

    Je vois l’image au ralenti de la main qui ressort du coffre avec…avec… un petit calepin noir. Je vous jure que ça dégrise vite de s’imaginer une seule seconde sur une chaise électrique!

    Une autre éternité plus tard, Madame l’agent trotte vers moi avec la contravention en main.

    – Vous recevrez les directives pour payer l’amende par la poste. Si vous voulez évitez de perdre des points de démérite, vous pouvez vous inscrire à des cours de code de la route en ligne. Bla Bla Bla Bla
    À la fin de son interminable discours, elle me fixe de ses petits yeux canins:
    – Si vous comptez vivre aux États-Unis, vous devrez apprendre à suivre nos règles.

    C’est que voyez-vous Madame l’agente, au Québec, il n’y a pas de lumières rouges. On se déplace à cheval et il y a de méchants Indiens qui nous courent après en canot. Juste une dernière question pour vous : est-ce que « kicker » un bouledogue est passible des mêmes contraventions que les humains?

    L’avis de l’amende, payable en trois secondes via Internet, a mis plus de six semaines à dos d’ânes. Mon dramatique ami allemand m’avait préparé à notre ruine commune mais la facture s’élevait finalement à 130$ et quelques points en moins.

    Les hormones affriolantes s’affolent

    Pour l’accompagnement musical, je vous ressors un vieux tube des années ’80: She blinded me with science de Thomas Dolby.

    Depuis quelques années, les recherches sur la science de l’amour évoluent rapidement. Les scientifiques essaient, entre autres, de mieux comprendre la mécanique chimique guidant nos choix de partenaires. Vulgairement : pourquoi le plus évolué des mammifères regresse-t-il à l’état de primate devant certains spécimens de son espèce? Les compagnies pharmaceutiques pourraient-elles contribuer à contrôler un peu la bête en développant des doses stimulantes ou calmantes? (à verser subtilement dans son café le matin.)

    Je vous épargne les explications détaillées de toutes les hormones qui entrent dans le jeu de l’attirance sexuelle et l’attachement (vous pouvez en avoir un aperçu sur Doctissimo)
    Toutefois, pour ceux qui l’ignorent, l’une des amphétamines de l’amour, la phényléthylamine, est également présente, en petite quantité, dans le chocolat. Bien entendu, les Américains ont sauté sur l’occasion pour mettre en vente un remède au chocolat visant non seulement à ranimer la flamme dans votre couple mais aussi la perte de poids!

    De toute évidence, il vaut mieux gober un placebo plutôt que de se laisser aller à orgasme gustatif de chocolat noir accompagné de vin rouge…Ma foi, ils sont fous ces Américains!



    Ayant enfin trouvé une explication plausible à mon obsession pour le chocolat noir, je ne voyais toutefois pas encore l’application pratique de ces découvertes dans mon quotidien.
    Puis, il y a quelques semaines, les résultats d’une étude de chercheurs montréalais expliquent en partie, la rapidité du phénomène de l’attirance sexuelle, le fameux sentiment de «coup de foudre». On disait justement que la chimie passe ou ne passe pas, nous tenons presque la preuve d’un bouton « ON/OFF ».

    Mon père, aux prises avec une adolescente en santé, m’a souvent dit: «Méfie-toi des coups de foudre, c’est mauvais pour toi.»

    «Oui mais papa, il reste une infime possibilité statistique que le mâle qui neutralise mon intelligence en dix minutes, ne soit pas un carencé d’hormone d’attachement? Et puis, en vieillissant, j’ose croire que mon instinct de survie prendra les dessus sur une chimie auto-destructrice?»

    On administre du Ritalin aux petits, donnera-t-on une pilule pour ralentir le commutateur des adolescents (ainsi que les adultes hyperactifs du commutateur)?


    Que voulez-vous, le printemps est la meilleure saison pour étudier les mammifères en rut. 


    D’ailleurs, un autre volet de ces recherches me fascine: l’effet de la voix (ou du cri animal) sur la séduction. J’observe quelques écureuils et je vous en reparle bientôt.

    Mort aux tyrans!

    Musique de fond : Tyrants – Black Mountain

    En attendant un nouveau miracle sur glace, voici les éphémérides de la semaine dernière.
    Les événements historiques suivaient étrangement la météo détraquée.

  • 26 avril : La semaine commence par le massacre de Guernica en 1937, immortalisé par une toile de Picasso. (Revoyez le Guernica en 3D)
  • 27 avril: Le navigateur Ferdinand Magellan tombe sous les flèches des guerriers de Lapu-Lapu. Morale de l’histoire: ne jamais sous estimer une bande de tous nus. Neige.
  • 28 avril : Benito Mussolini et sa maîtresse, Clara Petacci, sont fusillés et pendus par les pieds à Milan. Retour du printemps
  • 29 avril : Libération du camp de Dachau. Les oiseaux gazouillent.
  • 30 avril : Adolf Hitler se suicide dans son Bunker. Ciel entièrement dégagé.
  • 1er mai : Fête des travailleurs et création de la Grande-Bretagne. Mais plus important encore: en 1006, les Terriens ont observé l’explosion d’une supernova à l’oeil nu. Si je devais choisir quelques dates pour un voyage dans le temps, je ferais bien escale en 1006 pour annoncer un signe de dieu dans le ciel. Bah quoi? Une femme prophète sans barbe, ça ne fait pas assez sérieux? Avant de repartir vers le futur dans ma DeLorean, je dirais à mes disciples :
    «Ne craignez pas la fin du monde, nous le détruirons dans plus de mille ans en nous engloutissant dans l’or noir.»

    Au sujet de la marée noire dans le golfe du Mexique, je n’ai pas encore eu la chance de voir le film Marée noire : l’héritage de Exxon Valdez de Robert Cornellier mais j’avais versé un océan de larmes en regardant le vieux documentaire Dead Ahead: The Exxon Valdez Disaster. Il semble que je supporte mieux les images de la souffrance infligée aux autres humains que des oiseaux enduits de pétrole. Espérons qu’un Picasso moderne illustrera la tragédie pour la postérité…enfin ce qu’il en restera.

    Voilà, pauvres mortels, c’était une belle semaine pour tuer les tyrans.
    «Bastard, you won’t be forgiven and no, we won’t lay down» – Black Mountain