L’apocalypse est en retard

Impossible de parler d’apocalypse sans vous resservir la séquence de l’attaque en hélicoptère de Apocalypse now, sur la musique de Wagner.

C’est probablement cette sympathique atmosphère de fin du monde qui oriente mes choix d’éphémérides pour le mois d’août. Deux gigantesques irruptions volcaniques ont retenu mon attention.

Bien que les historiens doutent de la date exacte, on situe généralement au 24 août 79, l’irruption du Vésuve qui a détruit les villes de Pompéi, Hernaculum, Oplontis et Stabies. On estime qu’il y eut entre 20 000 et 30 000 morts. On connait bien les circonstances des éruptions par le témoignage de Pline le Jeune qui y perdit son père, Pline l’Ancien.

En guise de comparaison, les derniers bilans des victimes du tremblement de terre à Haïti aurait fait plus de 250 000 morts, un bilan comparable au tsunami du 26 décembre 2004. Il ne faut pas oublier par contre, que la population mondiale se situaient entre 200 millions et 400 millions de l’an 1 à 200 de notre ère, alors qu’elle atteint maintenant 6, 853 455 305 millards (Pop Clock, 3 juillet 2010)

La deuxième irruption célèbre est celle du Krakatoa situé en Indonésie dans l’archipel des Grandes îles de la Sonde. Le matin du 27 août 1883, une violente explosion provoqua un gigantesque tsunami qui engloutit plus de 36 000 victimes et généra le bruit le plus fort de toute l’histoire de l’humanité. Des rougeoiements dramatiques couvrirent le ciel jusqu’en Europe du Nord. Le peintre Edvard Munch reproduisit ce coucher de soleil mémorable dans son tableau « Le Cri ». Les cendres volcaniques projetées dans l’atmosphère causèrent une baisse de la température mondiale moyenne de 0,25 °C l’année suivante.

Le Cri, Edvard Munch
Le Cri, Edvard Munch

Par chance, les volcans sont relativement prévisibles pour permettre des évacuations d’urgence. Bientôt, des systèmes d’alertes de séisme, fonctionneront sur les cellulaires : «Bip bip! Pousse-toi de là, ça presse». Mais en 2010, ça sent la fin du monde comme un retour au XIVe siècle. Il est indéniable que les changements climatiques provoqueront de plus en plus de catastrophes naturelles. Il y aura plus de sécheresses et d’inondations qui ne feront même plus la une des médias : il se produit déjà plus de 400 désastres du climat par année dans le monde. L’ONU estime que les changements climatiques feront en moyenne 300 000 victimes par année (Rapport du Global humaniterian forum, 2009)

Au cours des dernières années, les films apocalyptiques rapportent des millions au Box office. La recette du succès : catastrophe naturelle, gros effets spéciaux à vol d’oiseau, sang, larmes, et surtout la scène classique du baiser devant une mort certaine. Vous regardez ces spectaculaires catastrophes sur votre cinéma maison en mangeant des chips ? C’est souvent la faim, le plus grand drame après un cataclysme.

La fable populaire de la fin du monde en décembre 2012 selon le calendrier maya est une belle incitation à la paresse. Pourquoi faire des efforts si nous allons tous crever dans deux ans ? C’est ça, allez-y bande de lâches, continuez de vivre comme avant ! La planète X n’existe pas et l’inversion des pôles en quelques heures serait tout aussi impossible selon les scientifiques. À ce sujet, il faut lire l’article de la Nasa qui s’efforce de calmer les esprits

Les défis du XXIe siècle sont effectivement monstrueux. Je ne suis pas une optimiste fanatique, mais
s’il nous reste une parcelle d’intelligence, nous allons réinventer la roue sans faire tout sauter. Ce n’est pas gagné si nous continuons de croire à la colère divine. La colère humaine est bien suffisante.