31 mars 1959 : Le dalaï-lama fuit le Tibet

En 1959, le dalaï-lama, Tenzin Gyatso, s’est enfuit du Tibet déguisé en domestique. Ce fut le début du très long exil qui dure encore à ce jour. Pour quelques paroles de sagesse au milieu d’un océan d’insipidité, suivez le dalaï-lama sur Twitter.


L’histoire du dalaï-lama sur Wikipedia

30 mars 1644 : Maisonneuve notre héros

Il fallait être courageux pour vivre à Ville-Marie (Montréal) au XVIIe siècle. Le 30 mars 1644, une trentaine de Français se retrouvent devant 200 Iroquois. Après avoir ordonné la retraite, Paul Chomedy de Maisonneuvereste seul devant le chef qu’il abat d’un coup de fusil. Les Iroquois reculent et Ville-Marie célèbre son héros. Bien entendu, c’est la version canadienne française de l’histoire!

Nous n’avons aucun portrait de Maisonneuve, le prototype qu’on voit le plus souvent est attribué à Pierre-Louis Morin (1811-1886). Le monument de la Place d’Armes est également un modèle fictif. Dans mon imaginaire Chomedy de Maisonneuve est plus masculin…un rôle pour Roy Dupuis ou David Boutin.

Ironiquement le 30 mars 1814, ce fut au tour des Américains d’être repoussés à Lacolle. Il s’agit de la dernière tentative des Américains pour s’emparer du Canada. Depuis, ils ont trouvé d’autres manières de nous envahir.

29 mars 1632 : Le Canada restitué à la France

En 1629, la ville de Québec qui abritait une cinquantaine d’âmes fut conquise par David Kirke. Le traité de Saint-Germain-en-Laye, signé le 29 mars 1632, restituait le Canada à la France. Trois siècles plus tard, en 1919, un des traités de la fin Première Guerre mondiale fut également ratifié à Saint-Germain-en-Laye.
Accessible par le train de banlieue (RER) de Paris, Saint-Germain-en-Laye est l’un de mes refuges favoris aux alentours de la ville. La terrasse réalisée par Le Nôtre offre une superbe vue de Paris. Par contre, il est interdit de dormir sur le gazon du parc derrière le château : un gardien m’a réveillé à deux reprises!

28 mars 1969 : McGill français!

En 1969, entre 5000 et 10 000 militants nationalistes manifestent pour réclamer la francisation de l’université McGill. Une dizaine de policiers dispersent la foule et font une quarantaine d’arrestations.
Pour en savoir plus :
– Reportage de Paul Racine, Normand Lester et André Dubois sur les archives de Radio-Canada
– À lire dans le Devoir : 
McGill français, il y a 40 ans – L’impossible union de causes qui s’opposent

Source : Le Devoir

27 mars 1964 : la terre tremble en Alaska

Un tremblement de terre de 9.2 sur l’échelle Richter détruit une partie de la ville d’Anchorage en Alaska et fait 125 morts. Une vague de 27 pieds s’abat sur le village de Chenega. Il s’agit du plus gros tremblement de terre de l’histoire américaine et le deuxième plus gros du siècle derrière celui de 9.5 au Chili en 1960. Et non, Sarah Palin n’habitait pas encore en Alaska, elle est née en février 1964 en Idaho.

Toute l’histoire du « Good Friday Earthquake sur Wikipedia

26 mars 1827 – Beethoven nous quittait

Ludwig Van Beethoven s’est éteint à l’âge de 56 ans. Sourd depuis ses 28 ans, le grand compositeur aurait beaucoup souffert pendant les derniers mois de sa vie. J’ai toutes ses oeuvres en CD non-numérisés qui prennent la poussière. Désolée monsieur Beethoven, je ne vous écoute pas assez souvent, j’entends une part de souffrance dans le divin.
Devoir de mémoire du jour : Sonate au clair de lune sur des images de Beethoven

Et voici un futur Beethoven, il a trois ans et se nomme Jonathan.

Les Lois intolérables

Mon directeur de maîtrise, humaniste au savoir encyclopédique, nous disait avec un petit sourire en coin : « Les Anglais font des réformes et les Français font des révolutions. » Et les Québécois font des révolutions tranquilles, ai-je pensé.

J’ai passé deux des plus belles années de ma vie au XVIIIe siècle et je m’y réfugie encore parfois, au milieu d’une rêverie révolutionnaire anachronique.

Ottawa, début du XXIe siècle, le gouvernement conservateur entiché de la tradition monarchique anglaise, propose des « réformes » intolérables : Loi C-10 sur la justice criminelle, projet de loi C-32 sur les droits d’auteurs, projet d’abolition du registre des armes à feu, retrait de droits de grève, retrait du protocole de Kyoto et j’en passe. Il devient coutume d’adopter des lois à grands coups de bâillon.

Dans quelques années, les historiens pourraient parler des Lois intolérables du gouvernement Harper en référence aux Actes intolérables qui ont mené à la Révolution américaine.

Quel sera le point de rupture? Qui prendra la Bastille?

Sans être devins ou futurologues, nous savons bien que ne pourrons pas continuer à vivre comme nos parents. Nous devinons à peine les sacrifices que nous devrons faire au cours des prochaines années

Quand on évoque les révolutions, plusieurs voient l’image d’une foule enragée brandissant des têtes coupées au bout d’une fourche. Même si nous gardons nos têtes bien vissées sur nos épaules, les affrontements risquent de se multiplier, et la révolution d’être beaucoup moins tranquille si personne n’écoute.

Et si nous convoquions des « États Généraux » pour repenser en profondeur nos priorités et la distribution des richesses? Est-ce que les jeunes, les boomers, les riches, la classe moyenne et les pauvres défendront leurs privilèges chacun dans leur coin? Est-ce qu’on arrivera au contraire à s’unir devant des ennemis communs? Que ces ennemis se nomment Harper, le réchauffement climatique, la vente à rabais de nos ressources ou la contre-révolution!

L’étincelle ne s’allumera peut-être pas dans notre ancienne colonie française, mais mon espoir d’assister à de profonds changements sociaux au cours de mon existence semble de plus en plus réaliste.

Dans ma rêverie anachronique, le mouvement des Indignés me rappelait la marche des femmes de Paris à Versailles pour réclamer du pain à Louis XVI en octobre 1789.

Enfant de la classe moyenne née au milieu des années 70, je n’ai jamais manqué de pain ni de Nutella. Je suis de cette génération qui a marché pour la Loi 101 au Cégep, qui a nourri de grands espoirs en 1995 et qui s’est réfugiée dans le travail, les nouvelles bébelles « révolutionnaires » et un mini Baby boom bercé par nos rêves fragiles de famille fonctionnelle.

Je n’étais pas à Berlin quand on a démoli le mur, mais j’étais à San Francisco le soir de l’élection de Barack Obama. C’est là que j’ai senti pour la première fois l’extase collective, la joie qui éclate à chaque coin de rue, les larmes qui coulaient malgré moi. C’est si bon de gagner quelque chose de plus grand qu’une coupe Stanley! Je me suis permis de croire à de grands changements, même si tout le monde savait que les obstacles seraient de taille.

Nous sommes de véritables cancres quand il s’agit d’apprendre les leçons de l’histoire. La lecture de la « Brève histoire du progrès » de Ronald Wright devrait finir de vous en convaincre. N’empêche que j’espère contribuer à un nouveau point sur la ligne du temps au XXIe siècle. Un gros point sans taches de sang, sous lequel il sera inscrit « Adoption d’un nouveau système mondial de distribution des ressources et de la richesse. »

Et non, Internet n’est pas la Révolution, c’est un moyen de communication, un moteur à propulsion rapide de l’information. Quand les jeunes sont dans les rues, Jean Charest ne peut pas écrire dans son journal : « Aujourd’hui, rien » comme Louis XVI, le 14 juillet 1789. Quoique…

Au XXIe siècle, on s’intéresse tellement à la technologie et si peu à l’Homme que je n’ai pas pu suivre les traces de mon professeur, le dernier humaniste qui a pris sa retraite peu après ma graduation.